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James Moore

Gurdjieff

James Moore est membre des groupes Gurdjieff depuis 1956. Cette biographie est donc forcément un peu partisane, néanmoins elle se révèle complète et bien faite. À la fin de l'ouvrage on trouve une chronologie, des notes indexées, les sources et un index très riche qui permet des recherches faciles.

Pour se faire une idée rapide des nombreuses péripéties de la vie de Gurdjieff la chronologie de Moore est tout indiquée de même que ses explications de quelques uns des grands principes de base du maître. Il déstabilisait constamment ses disciples qui se retrouvaient face à des choix cornéliens, comme lorsqu'au court d'un voyage en Amérique il scia une branche sûre et fidèle, Orage l'animateur du "groupe Orage".


Chronologie

JUSTIFICATIONS ET AVERTISSEMENTS

En raison de ses difficultés spécifiques, la chronologie gurdjiévienne semble résister à toute forme d'investigation approfondie. La date même de la naissance du maître prête à controverse, bien que Gurdjieff ait évoqué celle de 1866. Entre cette dernière date et 1912, nous sommes obligés de nous fier, avec toutes les précautions d'usage, aux quatre comptes rendus impressionnistes de Georges Ivanovitch, lesquels - en raison de leur nature mythique - manquent singulièrement de consistance, de logique aristotélicienne et de discipline chronologique. À cet égard, les "vingt années manquantes", de 1887 à 1907, se révèlent des plus problématiques; les récits d'époque dus aux grands géographes de l'Asie centrale (Sven Hedin, Sir Autel Stein, Albert von Le Coq, Paul Pelliot et le comte Kozui Otani) ne fournissent- contrairement à ce qu'on aurait pu en attendre ici et là - aucune confirmation du texte gurdjiévien. En conséquence, ma chronologie relative à cette période ne figure ici qu'à titre provisoire - et j'ai du reste évité de la suivre servilement dans le chapitre intitulé "La longue quête". Néanmoins, quelques faits historiques objectifs, que je différencie en usant de l'italique, viennent ponctuer le récit du maître, sans - naturellement - aller à son encontre. Chaque fois que Gurdjieff lui-même donne une date, j'en indique la source entre crochets (selon un code simple, expliqué dans les "Sources"). Bien que, de 1913 à 1949, notre chronologie paraisse s'établir sur des fondements plus solides - documents de première main, témoignages indépendants, références croisées et déductions rationnelles -, il n'en demeure pas moins vrai que les mémorialistes gurdjiéviens s'attachent avant tout à 4 dimension intérieure. Et, quoiqu'ils relèvent d'une école soulignant l'importance des liens relationnels, ils semblent étrangement oublieux (à l'exception honorable de P D. Ouspensky) de la valeur corrélative d'une date objective.

1866
janvier ? G. naît dans le quartier grec cappadocéen d'Alexandropol, sur le côté russe de la frontière russo-turque.

1870-1872
Naissance de l'unique frère de G., Dimitri Ivanovitch Gurdjieff (1870?), et de l'aînée de ses sœurs (1871 ?).

1873 été
Le père de G., Giorgios Giorgiades, qui connaît de sérieuses difficultés financières suite à la décimation de ses troupeaux par la peste bovine, ouvre un entrepôt de bois.

1874-1876
Naissance des deux jeunes sœurs.

1877
L'entrepôt périclitant, Giorgiades ouvre une petite menuiserie. G. contribue précocement au revenu familial. La Russie déclare la guerre à la Turquie (24 avril), et s'empare de la ville fortifiée frontalière de Kars (18 novembre).

1878
Giorgiades déplace sa famille à Kars, où il réinstalle sa menuiserie dans le quartier grec. Le père doyen Borsh, de la cathédrale militaire russe, se charge de l'éducation privée de G., cooptant comme tuteurs quatre étudiants du séminaire de théologie. G. lit nombre d'ouvrages à la bibliothèque de l'hôpital militaire de Kars.

1879-1880
G. tombe sous l'influence morale de son professeur, le diacre Bogatchevsky.

1881
L'aînée - et la favorite - des sœurs de G. décède. G. manque de mourir lors d'un accident de chasse sur le lac Alagheuz. Il commence à observer, fasciné, certains "phénomènes paranormaux".

1882
Lors d'une sorte de duel adolescent contre Piotr Karpenko, G. échappe de peu à la mort sur un champ de tir.

1883
G. quitte sa famille et se rend à Tiflis, où il ne peut entrer dans le chœur du séminaire théologique de l'archidiacre. Travaillant comme chauffeur intermittent à la Compagnie des chemins de fer transcaucasiens, il profite de son temps libre pour accomplir un pèlerinage à pied à Etchmiadzine et étudier pendant trois mois au monastère de Sanaïne sous la direction du père Eulampios. Il se lie d'amitié avec Sarkis Pogossian et Abram Yelov.

1984
G. cristallise la question qui le motive: découvrir le sens de la vie humaine et organique.

1885 été
G. visite Constantinople (où il rencontre Ekim Bey) afin d'y étudier l'enseignement des derviches mevlevis et bektashis. Il retourne à Alexandropol, où ses parents vivent à présent, via Hadji Bektash, Konya et Aksehir.

1886
G. et Pogossian, qui effectuent des fouilles dans les ruines de la cité d'Ani, découvrent par hasard un rouleau évoquant la "confrérie des Sarmoung", une école de sagesse fondée, semble-t-il, à Babylone, vers 2500 av. J.-C.

1887
Travaillant comme courrier pour la société de défense arménienne, les Armenakans, G. part pour le Kurdistan en compagnie de Pogossian, bien décidé, tel un don Quichotte, à "trouver les Sarmoung". En route, toutefois, il découvre par hasard près de Zakho une "carte de l'Égypte d'avant-les-sables" et décide de se rendre à Alexandrie (où Pogossian le quitte). Au Caire, G. noue amitié avec deux chercheurs vétérans le prince Youri Loubovedsky et le professeur Skridlov.

1888-1889
G. séjourne à Thèbes avec Loubovedsky ; en Abysinie et au Soudan avec Skridlov ; et à La Mecque et à Médine, seul et déguisé. G. et Skridlov se rendent sur les ruines de Babylone à Nippour, en Irak. De retour à Constantinople, G. rencontre Vitvitskaïa et l'accompagne en Russie.

1890-1893
En tant qu'envoyé diplomatique (sans doute dépêché par le Dachnaktsoutioun, le tout nouveau Parti arménien social-révolutionnaire), G. séjourne en Suisse puis s'installe à Rome.

1894-1895
Le sultan Abdul Hamid II prépare le massacre Arméniens en Turquie. De nouveau basé à Alexandropol, G. fonde en 1895 les "Chercheur de vérité", un groupe hétérogène composé de jeunes gens en quête d'une connaissance traditionnelle et ésotérique.

1896
G. se rend en Crète pour y chercher des traces de l'ancienne "confrérie des Imastun", mais travaille aussi comme agent de l'Ethnike Hetairia, une association révolutionnaire hellène. La population grecque se révolte contre les Turcs (février). Alors qu'il se trouve dans la région de Sfakia, G, est blessé d'un coup de feu et évacué, inconscient, vers Jérusalem. Il se rétablit à Alexandropol.

1897
En compagnie des Chercheurs de vérité, G. part, de Nakhitchevan (1er janvier) à travers le Turkestan jusqu'à Tabriz et Bagdad (1ère expédition). (Épisode d'Ekim Bey et du derviche persan.) Pour faciliter ses grands voyages en Asie centrale, G. devient un agent politique du tsar et fait la connaissance (?) du Bouriate mongol Aghwan Dordjieff, un haut fonctionnaire tibétain. Avec les Chercheurs, G. voyage d'Orenbourg à la Sibérie en passant par Sverdlovsk (2ème expédition).

1898
Dans le Nouveau-Boukhara, à Pâques, G. se lie avec Soloviev, un loqueteux. Les yeux bandés, guidés par des intermédiaires durant un voyage de douze jours en poney à partir de Boukhara, G. et Soloviev atteignent le monastère principal des Sarmoung (présenté comme la source de la pensée, de la symbolique et des Danses sacrées gurdjiéviennes). D'une manière inattendue, ils y retrouvent Loubovedsky arrivé avant eux, mais dont la santé est défaillante. Au grand regret de G., Loubovedsky quitte rapidement le monastère pour finir ses jours ailleurs sous la gouverne d'un maître spirituel. Après une période d'études monastiques, G. explore le désert de Gobi (Taklamakan ?) avec Skridlov et les Chercheurs de vérité (3ème expédition). Après la mort accidentelle de Soloviev, G. retourne à l'oasis de Keriya.

1899
G. reste à Merv. Déguisés en derviches, G. et Skridlov remontent le fleuve Amou-Daria (Oxus) au Kafiristan. (Épisode de Skridlov et du père Giovanni.) G. revient à Bakou et étudie la magie persane. À Achkhabad, G., accompagné de Vitvitskaïa (la seule femme membre des Chercheurs), gagne beaucoup d'argent avec son "Atelier universel ambulant".

1900
Le 2 janvier, en compagnie des Chercheurs (4ème expédition), G. quitte Chardzhou pour l'Inde en passant par le Pamir [R 271]. (Épisode de Karpenko et du ez-ezounavouron.) Les Chercheurs dissolvent leur groupe et se séparent.

1901
Le 23 juillet, G. est présenté au tsar Nicolas II à Livadia (?). Déguisé en bouddhiste transcaspien, G. pénètre dans le haut Tibet et étudie avec les "bonnets rouges" ( ?). Il épouse une Tibétaine (?).
Blessé une seconde fois par un coup de feu durant une rixe entre bandes dans la montagne, G. se rétablit dans l'oasis de Yangi Hissar aux marges du désert du Taklamakan. Il fait le serment d'abjurer l'hypnotisme et le magnétisme animal sauf à des fins scientifiques et altruistes.

1903
G. retourne au Tibet. Le colonel Francis Younghusband envahit le Tibet depuis l'Inde (5 juillet).

1904
Massacre de Tibétains à Guru (31 mars). Younghusband entre à Lhassa (3 août). Bouleversé par le meurtre d'un lama initié, G. décide de combattre la suggestibilité et l'hystérie des masses qui sont à l'origine des guerres. L'hydropisie l'oblige à quitter le Tibet et à retourner chez ses parents à Alexandropol. Une fois rétabli, G. prend à nouveau la route de l'Asie centrale (hiver) mais, près du tunnel ferroviaire de Tchiatoursk, il est blessé accidentellement une troisième fois lors d'une bagarre entre Cosaques et Gouriens. Non sans difficultés, via Achkhabad, il atteint Yangi Hissar où il se rétablit à nouveau.

1905-1907
Après deux années passées dans une communauté soufie indéterminée d'Asie centrale, G. s'installe à Tachkent, la capitale ouzbek du Turkestan russe. Il fait un court séjour à Samara, consolant Vitvitskaïa sur son lit de mort.

1908-1910
Basé à Tachkent comme "professeur-instructeur" en sciences surnaturelles, G. commence à enseigner sur un mode délibérément charlatanesque, tout en étudiant les réactions de ses "cobayes" russes européanisés. Il amasse une fortune considérable en faisant commerce de pétrole, de poissons, de bétail, de tapis, de cloisonnés, etc. Petit à petit, il gravite vers l'ouest, vers la Russie métropolitaine.

1911
G. synthétise plusieurs domaines de savoir disparates au sein d'un système cohérent fondé sur un vocabulaire particulier et, en certains points, quasi scientifique. Le 13 septembre, il renouvelle son serment d'abjurer l'hypnotisme, s'engageant à vivre une "existence superficielle" pendant vingt et un ans.

1912
Nouvel An
G. arrive à Moscou et séduit ses premiers associés - son cousin Serguei Mercourov, Vladimir Pohl et Rachmilievitch. Il épouse Julia Ostrowska à Saint-Pétersbourg ( ?).
été
G. lit le Tertium Organum, reconnaissant en son auteur, P D. Ouspensky, un élève potentiel.

1913
À Saint-Pétersbourg, sous le nom d'emprunt de "prince Ozay", il cultive l'amitié de Lev Lvovitch (et de Shamzaran Badmaieff ?).
hiver
Il accepte - officieusement - un premier élève anglais, Paul Dukes, étudiant en musique.

1914
printemps
À Saint-Pétersbourg (ayant abandonné son identité de "prince Ozay"), G. suscite l'intérêt du docteur Leonid Stjoernval.

1er août
L'Allemagne déclare la guerre à la Russie. (Saint-Pétersbourg est rebaptisé Petrograd le 1er septembre.)
13 novembre
G. annonce la création de son ballet La Lutte des mages dans Golos Moskvi (attirant ainsi l'attention d'Ouspensky).
décembre
G. supervise l'écriture de Lueurs de vérité par ses élèves.

1915
avril
À Moscou, G. prend Ouspensky comme disciple. (Une semaine plus tard, ce dernier retourne à Petrograd.)
automne
G. se rend plusieurs fois à Petrograd où il donne des conférences et rencontre Ouspensky et ses associés.

1916
février-août
Période d'activité intense. Basé le plus souvent à Petrograd, G. transmet pratiquement l'intégralité de son "Système" d'idées à un groupe qui passe de six participants (dont Stjoernval, Ouspensky et Andrei Zaharoff) à trente.
août
Lors d'un séjour en Finlande, G. mène une expérience télépathique intense avec Ouspensky.
16 décembre
À Petrograd, G. accepte comme élève le compositeur Thomas de Hartmann (et, en février 1917, sa femme Olga).

1917
23 février
Se séparant d'avec ses élèves, un G. "transfiguré" quitte finalement Petrograd et se rend à Alexandropol via Moscou en compagnie de Julia Ostrowska.
16 mars
Révolution : abdication forcée du tsar Nicolas II ; formation du gouvernement Kerenski.
mars juin
G. vit en retraite avec sa famille, à Alexandropol,
début juillet
G. part pour Petrograd, mais, changeant d'avis en cours de route, s'installe à Essentouki dans le Caucase.
juillet-août
Avec treize élèves venus de Moscou et de Petrograd (dont Ouspensky et Zaharoff), G. entreprend six semaines d'expérimentation psychosomatique intensive à Essentouki.
fin août
Les de Hartmann rejoignent G. à Essentouki. La foi d'Ouspensky en G. commence à vaciller. G. se rend à Touapsé sur la côte de la mer Noire.
août-décembre
G. et son groupuscule (qui s'augmente en novembre du docteur Stjoernval et de son épouse) se déplacent le long de la côte de la mer Noire pour éviter la guerre civile. Le 26 octobre, la révolution bolchevique porte Lénine au pouvoir.

1918
printemps
G. retourne à Essentouki (janvier). Comme Alexandropol se trouve sous la menace turque, il invite sa famille à le rejoindre (ce que refusent son père et l'aînée de ses sueurs); il convoque ses élèves (12 février) et commence à travailler d'une manière intensive. Ouspensky se sépare de G. (mars).
mi juillet
L'aînée des sœurs de G. et sa famille se réfugient à Essentouki, et lui apprennent que les Turcs ont tué son père à Alexandropol le 15 mai.
fin juillet
Alors qu'Essentouki est de plus en plus menacé, par la guerre civile, G. fait publier dans un journal la fausse nouvelle de sa prochaine "expédition scientifique" au mont Induc.
6 août
Se faisant passer pour un scientifique, G. quitte Essentouki accompagné d'un groupe de quatorze personnes (lequel ne compte ni Ouspensky ni aucun membre de la famille de G.). Ils se rendent, en train à Mdikop où les hostilités les retiennent trois semaines.
août-septembre
Franchissant cinq fois les lignes des Rouges et des Blancs, G. conduit son groupe à pied à travers les montagnes du nord du Caucase jusqu'au port de Sotchi sur la mer Noire (où de nombreux élèvese, dont Zaharoff, le quittent).

1919
mi janvier
G. et le reste de son groupe (Mme Ostrowska, les Stjoernval et les de Hartmann) voyagent vers le sud, de Sotchi à Poti. Ils prennent le train pour Tbilissi, la capitale de la Géorgie, où ils s'installent.
printemps
G. rencontre et accepte comme élèves l'artiste Alexandre Salzmann et sa femme Jeanne (Pâques). Suite à l'arrivée de son frère Dimitri à Tbilissi, G. renvoie Olga de Hartmann à Essentouki (début mai) afin qu'elle y récupère quelques biens et y porte des messages.
été
En collaboration avec Jeanne Salzmann, G. donne une première démonstration publique de ses Danses sacrées (Mouvements) à l'Opéra de Tbilissi (22 juin). Il passe l'été à Borjom (juillet-août).
automne
De retour à Tbilissi (mi-septembre), G. fonde son Institut pour le développement harmonique de l'homme (membres fondateurs: le docteur Leonid Stjoernval, Thomas et Olga de Hartmann, Alexandre et Jeanne Salzmann et [ ?] Julia Ostrowska).
hiver
G. continue à enseigner son "Système" sous les auspices de la république menchevik sociale-démocrate géorgienne. Après avoir accepté Elizabeta Galumnian et Olga Hinzenberg ("Olgivanna") comme élèves, G. commence à travailler avec fougue sur La Lutte des mages.

1920
printemps
Détérioration marquée des conditions sociopolitiques en Géorgie - et de la viabilité de l'Institut de G. Il accepte comme élève le commandant Frank Pinder (mars).
fin mai
G. conduit un groupe de trente élèves à pied de Tbilissi au port de Batoum, sur la mer Noire. Ils embarquent pour Constantinople (Istanbul).
juin
G. s'installe à Constantinople (7 juin) et loue un
appartement dans la rue Koumbaradji, à Péra. Ouspensky (arrivé à Constantinople depuis février) confie son propre groupe d'élèves à G.
juin-août
Avec Ouspensky et Thomas de Hartmann, G. travaille au scénario et à la musique de La Lutte des mages. Ils étudient la cérémonie des derviches mevlevis.
septembre
G. loue un appartement spacieux au 13 Abdullatif Yemeneci Sokak, près de la tour de Galata.
octobre
G. redonne vie à son Institut, donnant des conférences et présentant quelques répétitions des Danses sacrées. (Ouspensky se désolidarise de G. et se retire à Prinkipo.)
mi-novembre
G. apprend que sa sœur Anna Anastasieff et tous ses enfants (excepté son fils Valentin) ont été massacrés par les Turcs à Baytar.
décembre
Par l'entremise d'Alexandre Salzmann, G. reçoit une lettre de Jaques-Dalcroze envoyée de Genève qui l'invite à s'installer à Hellerau, près de Dresde. G. accepte et demande ses visas.

1921
débutjanvier
G. reprend contact avec le neveu du sultan, le prince Mehmet Sabaheddin, et rencontre brièvement le capitaine J. G. Bennett.
mi-mai
L'intérêt pour son Institut déclinant depuis plusieurs mois, G. le ferme et se retire sur l'île de Prinkipo.
août
Après avoir reçu ses visas, G., accompagné de son groupe, voyage en train de la Turquie à l'Allemagne: il part de Constantinople (le 13) ; arrive à Belgrade (le 16), à Budapest (le 17), d'où il repart (le 21); traverse la Tchécoslovaquie et arrive à Berlin (le 22). (Pendant ce temps, Ouspensky quitte Constantinople pour Londres, mais sa femme Sophie choisit d'accompagner Gurdjieff.)
septembre
Installé dans la banlieue de Schmargendorf G. prend Olga de Hartmann comme secrétaire particulière.
24 novembre
À Berlin, G. donne sa première conférence européenne.
hiver
Accompagné par les Salzmann, G. visite l'Institut Dalcroze à Hellerau, et, par l'intermédiaire de Harald Dohrn, cherche à en prendre possession. Un procès s'ensuivra.

1922
13 février
G. effectue une première et brève visite à Londres, où il prend sous sa coupe nombre d'élèves importants d'Ouspensky, en particulier l'éditeur A. R. Orage.
15 mars
Lors de sa seconde et dernière visite à Londres, G. confirme son ascendant et rompt avec Ouspensky. Alors que quelques élèves influents s'emploient à lui trouver un statut de résident, il retourne à Berlin.
printemps
G. fait paraître trois prospectus en anglais, en allemand et en français.
juin
G., qui perd son procès, ne peut prendre possession de Hellerau. En outre, il se voit signifier l'interdiction de s'installer à Londres.
14 juillet
G. conduit ses élèves de l'Allemagne à Paris, loue quelques pièces à l'Institut Dalcroze et confie à Olga de Hartmann la tâche de trouver une grande propriété.
1er octobre
Grâce à une aide financière généreuse venue d'Angleterre, G. acquiert sa plus célèbre demeure: le Prieuré des Basses-Loges à Fontainebleau-Avon.
octobre
G. s'occupe de l'administration du Prieuré tout en menant quelques affaires à Paris. Le 17 octobre, il accueille au Prieuré l'écrivain néo-zélandais Katherine Mansfield, au dernier stade de sa maladie.
novembre
G. commence à travailler avec ardeur sur les Danses sacrées. À la fin du mois, il fait construire une grande Study-House sur la propriété du Prieuré.
16 décembre
G. évite un incendie au Prieuré.

1923
janvier
G. connait une certaine popularité après la mort de Katherine Mansfield (le 9), laquelle est enterrée le jour (le 12) où la Study-House est ouverte.
février
Quelques reporters (notamment E. C. Bowyer) et académiciens (dont le professeur Denis Saurat) s'entretiennent avec G. au Prieuré. Leurs comptes rendus vulgarisent une image de G. plutôt sympathique.
mai
G. apprend à conduire. Dans son nouvel appartement parisien, situé 9 rue du Commandant Marchand, il reçoit Ezra Pound.
été
Nombre de notabilités locales et, parfois, certaines figures culturelles comme Diaghilev ou Sinclair Lewis assistent aux "soirées ouvertes" de G. - musique, Danses sacrées, etc. -, données dans la Study-,House du Prieuré.
décembre
Quoique fatigué, G. présente pour la première fois en Europe les Danses sacrées. La première au Théâtre des Champs-Élysées (le 16) suscite des réactions mitigées. G. parvient à faire sortir sa mère et sa sœur de Russie et les installe au Prieuré.

1924
printemps
Accompagné d'environ trente-cinq élèves danseurs, G. embarque sur le Paris pour l'Amérique (4 janvier), où les démonstrations publiques données à New York (janvier-février), à Philadelphie, à Boston et à Chicago (mars) attirent l'intérêt de nouveaux disciples importants (en particulier Margaret Anderson, Muriel Draper, Jane Heap, Gorham Munson, C. S. Nott et Jean Toomer). G. fonde la branche new-yorkaise de son Institut
(8 avril).
été
G. retourne en France (juin). Contraint de quitter la rue du Commandant-Marchand, il emménage au 47 boulevard Péreire. Conduisant seul entre Paris et Fontainebleau, il est grièvement blessé dans un accident d'automobile (8 juillet). Soigné par sa femme et sa mère, il se rétablit lentement, au prix de maintes souffrances. Toujours convalescent, G. "ferme" officieusement son Institut (26 août), mais en fait il en chasse les membres les moins consciencieux.
automne-hiver
G. donne tous pouvoirs à Orage pour superviser le Travail en Amérique (octobre). Décidé à propager ses idées par l'écriture, il commence (16 décembre) son opus magnum: Récits de Belzébuth à son petit-fils.

1925
mars
Selon Orage, le début de Belzébuth est inintelligible. Le long combat stylistique de G. commence.
été
La mère de G. meurt d'une maladie de foie chronique au Prieuré (fin juin). G. commence une période intensive de composition musicale avec Thomas de Hartmann (29 juillet).
hiver
Mme Ostrowska, la femme de G., est atteinte d'un cancer. Ni la radiothérapie orthodoxe ni les traitements inorthodoxes de G. ne donnent de résultats.

1926
8 janvier
Mabel Dodge Luhan veut faire don à G. d'un ranch à Taos, au Nouveau-Mexique, mais il décline l'offre (ler février).
février-juin
G. essaie avec acharnement - mais en vain - de sauver Julia Ostrowska, qui meurt le 26 juin. Ouspensky assiste aux funérailles.
juillet
Aleister Crowley effectue une brève visite au Prieuré - avant d'en être chassé par G.

1927
printemps
À court d'argent, G. est obligé d'abandonner son appartement du boulevard Péreire (16 avril). Il achève sa collaboration musicale avec Thomas de Hartmann (ler mai).
été
Nombre d'élèves et de curieux américains visitent le Prieuré. G. rencontre, sans toutefois l'impressionner, sa future secrétaire Solita Solano. Il désavoue le poète Waldo Frank.
automne
Confronté à de sérieux problèmes de santé, G. doute. Pourra-t-il entreprendre la radicale et nécessaire révision de son Belzébuth ? Il traverse une crise grave (6 novembre) et envisage le suicide.

1928
mi janvier
A. R. Orage, accompagné de sa jeune épouse Jessie, effectue une dernière visite - brève autant qu'orageuse - au Prieuré.
5 mai
Pour stimuler son écriture, G. fait le voeu de "bannir" tous les prétextes qui lui rendent la vie trop confortable.
été (début)
G. encourage ses élèves avancés à se rendre à l'étranger: Mme Ouspensky en Angleterre, et les Salzmann à Francfort. Il dissuade Jane Heap de s'installer au Prieuré, mais lui donne mandat pour créer un "groupe d'artistes" à Montmartre.
été (fin)
Alexandre Salzmann défend G. contre les attaques de l'occultiste René Guénon.
automne
Satisfait provisoirement par son Belzébuth, G. commence un deuxième livre: Rencontres avec des hommes remarquables.

1929
janvier
Accompagné par les seuls de Hartmann, G. embarque sur le Paris pour une deuxième visite aux États-Unis. Il incite les Américains à mener une vie indépendante, mais ceux-ci résistent.
printemps
Entre son arrivée à New York (23 janvier) et son départ pour la France (5 avril), G. renouvelle les contacts avec ses élèves et amasse des fonds.
été (début)
G. incite de nouveau Mme Ouspensky à se rendre en Angleterre. Il finit par persuader les de Hartmann de quitter le Prieuré et les aide à s'installer à Courbevoie. Il engage Louise Goepfert comme secrétaire (juin).
automne
G. facilite le départ de Fritz Peters du Prieuré. En voyage à Francfort et à Berlin avec Louise Goepfert et Olga de Hartmann, G. se détache intentionnellement d'Olga. Le krach de Wall Street (octobre) affecte les disciples américains de G.

1930
printemps
Après avoir brûlé tous ses papiers personnels et réglé dans les moindres détails sa séparation douloureuse avec Olga de Hartmann, G. embarque à bord du Bremen pour son troisième voyage en Amérique. À New York, il crée à dessein nombre de difficultés, sabotant les négociations avec Alfred Knopf pour la publication de Belzébuth. Il s'embarque pour la France (avril), laissant Orage désabusé.
automne (fin)
À Paris, Alexandre Salzmann suscite l'attention de René Daumal (qui devient ainsi le premier élève français de G.).
hiver
Lors de son quatrième voyage en Amérique, G. rompt effectivement avec Orage. Après son arrivée à New York (13 novembre), il demande aux élèves d'Orage de désavouer leur instructeur. Orage en personne, qui revient d'un séjour en Angleterre (10 décembre), appuie, de façon surprenante, la décision de G., jusqu'à se désavouer lui-même. G. part pour Chicago (29 décembre).

1931
janvier
De retour à New York, G. rencontre - sans résultats concluants - certains intellectuels, dont le béhavioriste John Watson.
13 mars
Après une ultime rupture avec Orage, G. embarque pour la France, laissant le groupe américain en plein désarroi.
printemps
G. reçoit brièvement Thomton Wilder au Prieuré.
été
G. refuse à Ouspensky l'accès au Prieuré - signe d'une brouille définitive. Mme Ouspensky quitte Asnières et s'installe en Angleterre.
automne
G. est impliqué dans un incident théâtral avec un revolver.
hiver
G. embarque (novembre) pour un cinquième et bref séjour aux États-Unis, où il se concentre particulièrement sur le groupe de Jean Toomer, à Chicago. À New York, l'auteur-aventurier Nadir Khan ("Achmed Abdullah") prend G. pour le lama Aghwan Dordjieff.

1932
16 janvier
G. embarque pour Cherbourg sur le Bremen.
février
À Paris, G. est contacté par la romancière lesbienne américaine Kathryn Hulme, membre du groupe de Jane Heap ; il lui montre le Prieuré, à présent abandonné.
11 mai
G. surveille la fermeture forcée du Prieuré et la dispersion de ses derniers occupants. Il prend une chambre au Grand Hôtel, jouxtant le café de la
Paix.
août
Orage, qui en a pourtant l'occasion, refuse de reprendre contact avec G.
13 septembre
G. commence à mettre en chantier L'Annonciateur, une plaquette autobiographique controversée.
hiver
Lors d'une sixième visite désastreuse en Amérique, G. se conduit délibérément comme un aigrefin, s'aliénant du même coup Jean Toomer et son groupe de Chicago.

1933
7 mars
G. ajoute un étrange "Avis supplémentaire" a son Annonciateur.
avril
Alexandre Salzmann, dans un état critique, rencontre G. au café Henri IV à Fontainebleau.
mai ?
G. perd irrévocablement le Prieuré, qui est hypothéqué.
automne
G. entreprend son septième voyage aux États-Unis. Dans sa suite de l'hôtel Henry Hudson, il reprend contact avec les élèves d'Orage.

1934
printemps
Mort d'Alexandre Gustav Salzmann (3 mars). G. rend visite aux groupes de Chicago (mai), et se détache intentionnellement de Fritz Peters lors du voyage en train.
été
G. rend une longue visite à Olgivanna, à Taliesin, dans le Wisconsin (juin-juillet), et impressionne profondément son mari Frank Lloyd Wright. Mabel Dodge Luhan oppose un refus à la demande de G. (18 août) relative au ranch qu'elle lui avait offert en janvier 1926. De retour à New York (septembre), G. donne deux interviews malheureuses à l'écrivain populaire Rom Landau.
automne-hiver
G. retire de la circulation tous les exemplaires de L'Annonciateur, qu'il a entre-temps renié. Bouleversé par la nouvelle de la mort d'Orage (5 novembre), et désireux d'éviter une avalanche de condoléances superficielles, G. visite Washington, Boston, Chicago et certains États du Sud.

1935
janvier
G. retourne à New York.
avril-mai
Divers épisodes favorisent l'achèvement du prologue de La vie n'est réelle que lorsque "Je suis" (9 avril). Il se rend à Washington, escomptant y recevoir le généreux soutien financier du sénateur Bronson Cutting afin de racheter le Prieuré. Lorsque Cutting meurt dans un accident d'avion (6 mai), G., profondément déprimé, essaie sans succès de retourner en Russie. Doublement désappointé, il cesse d'écrire et disparaît.
juin-août
Voyages présumés et non corroborés en Allemagne, à Leningrad et en Asie centrale.
septembre
Rom Landau publie son best-seller Dieu est mon aventure, calomniant Gurdjieff et le confondant avec Dordjieff.
octobre
G. réapparaît à Paris. Jane Heap quitte la capitale pour Londres (18). Trois de ses élèves américaines gravitent sur-le-champ autour de G., qui constitue son premier groupe parisien à l'hôtel Napoléon Bonaparte (21).
Noël
G. emménage dans un nouvel appartement rue Labie, non loin de la salle Pleyel.

1936
printemps
G. fonde la "Cordée" (début janvier), un groupe exclusivement lesbien (composé initialement d'Elizabeth Gordon, Solita Solano, Kathryn Hulme et "Wendy") dont les rencontres ont lieu rue Labie. Il parcourt plusieurs pays européens en voiture.
juin
Il initie Georgette Leblanc, Margaret Anderson et Monique à certaines techniques, mais ne leur permet pas de participer aux réunions de la Cordée.
fin juillet
Après avoir provisoirement suspendu son travail avec ses élèves lesbiennes, G. entre en contact avec le groupe de René Daumal et de Jeanne de Salzmann, à Sèvres.
août
Ne pouvant acheter le château qu'il avait repéré au bord de la Marne, G. emménage dans un petit appartement parisien, au 6 rue des Colonels-Renard.
hiver
G. réunit à nouveau son groupe lesbien (octobre). Il trouve Georgette Leblanc gravement malade, mais il la soigne efficacement.

1937
printemps
G. reprend ses longs voyages en automobile. Son frère Dimitri est atteint du cancer.
août
Dimitri meurt, en dépit des efforts de G.
automne
La Cordée et les autres sous-groupes lesbiens sont dissous (Kathryn Hulme et Wendy s'installent en Amérique, Anderson et Leblanc en Normandie). Solita Solano devient la secrétaire de G.

1938
Le docteur Leonid Stjoernval meurt près de Reims (avril). Alors que Jeanne de Salzmann ajoute l'auteur Luc Dietrich à son cercle d'élèves (René et Vera Daumal, Philippe Lavastine, Henri et Henriette Tracol, etc.), G. fait d'elle - implicitement - son adjointe.

1939
printemps
Accompagné par Solita Solano, G. embarque (mars) sur le Paris pour un bref et pénultième voyage en Amérique. La crise internationale s'aggrave. Résistant aux pressions exercées sur lui afin qu'il s'installe dans le New Jersey, G. embarque sur le Normandie pour la France (19 mai).
été
G. envisage de se rendre en Angleterre pour prêter son assistance médicale à Mme Ouspensky, mais Ouspensky s'y oppose - et le projet tombe à l'eau.
automne
Début de la Seconde Guerre mondiale (1er septembre). G. reste à Paris (durant toute la guerre) au 6 rue des Colonels-Renard, où il accumule des provisions.

1940
printemps
Le groupe de Jeanne de Salzmann, qui tient ses réunions au 54 rue du Four, croît en importance et en influence. G. consolide ses relations avec Philippe Lavastine et René Daumal.
juin
La résistance des Alliés s'effondrant, les disciples de G. essaient de le reloger à la campagne (12), mais il retourne au 6 rue des Colonels-Renard (14) au moment même où les Allemands entrent dans
Paris.
hiver
La nourriture se faisant rare et l'hiver exceptionnellement rigoureux, G. commence à aider nombre de voisins nécessiteux. Jeanne de Salzmann présente officiellement son groupe à G. (octobre).

1941
Le groupe français de G., qui se réunit au 6 rue des Colonels-Renard, s'élargit. L'invasion de la Russie par Hitler (22 juin) et la déclaration de guerre à l'Allemagne par les Américains (11 décembre) portent en germe la fin du conflit. Georgette Leblanc meurt d'un cancer (20 octobre).

1942
printemps
Pour obtenir un crédit, G. affirme être entré en possession d'un puits de pétrole.
29 mai
Alors que les Allemands obligent les juifs à porter l'étoile jaune, G. conseille à ses élèves israélites d'"entrer dans la clandestinité". Ils sont hébergés par les membres chrétiens du groupe.
fin juin
Jeanne de Salzmann présente Luc Dietrich à G.
16-17 juillet
Rafle du Vél' d'hiv'. René et Vera Daumal ne peuvent plus voir G.
novembre
Les Allemands envahissent la zone libre.

1943
Nouvel afflux d'élèves français. G. enseigne ses Mouvements fondés sur l'ennéagramme à la salle Pleyel et développe son rituel des "Toasts aux idiots".

1944
Mort de René Daumal (21 mai) et de Luc Dietrich (12 août). Libération de Paris (25 août). En automne, G. est arrêté pour un délit financier, mais relâché peu après.

1945
Suicide de Hitler (30 avril) et jour de la victoire en Europe (8 mai). G. reçoit les premières visites de ses élèves américains (Kathryn Hulme et Fritz Peters). Il s'attire des critiques - injustifiées - à propos de la mort d'Irène-Carole Reweliotty (11 août). Reddition du Japon (14 août) et fin de la guerre. Lise Tracol devient la gouvernante de Gurdjieff.

1946
La relation de G. avec Katherine Mansfield fait l'objet d'attaques sévères dans le magazine L'Illustration (19 janvier). Arrivée à Paris des premiers élèves londoniens du groupe de Jane Heap.

1947
Ouspensky, qui était aux États-Unis, revient en Angleterre (janvier). G. l'invite à Paris, mais il décline l'offre. Lorsque Ouspensky meurt (2 octobre), sa femme, toujours à Mendham, cherche à reprendre le contact avec G.

1948
janvier
Aux disciples britanniques de son mari, Mme Ouspensky conseille de rejoindre G.
été
G. convoque les élèves d'Ouspensky (juin), mais ceux-ci hésitent. Il réintègre J. G. Bennett dans son groupe (après vingt-cinq ans) et soigne sa femme Winifred (août). G. se rétablit d'une façon stupéfiante après un grave accident d'automobile (8 août) et invite à Paris tous les disciples des différents groupes - ceux de Jane Heap, d'Ouspensky, de Mme Ouspensky> d'Orage, de Bennett (excepté Nicoll) - aux côtés des élèves français.
hiver
G. désire vivement acheter le château de Voisins et publier Belzébuth. Il embarque pour New York (où il arrive le 17 décembre). Là-bas, il réunit des fonds et autorise Mme Ouspensky à publier les Fragments.

1949
printemps
Annonçant la publication imminente de Belzébuth, G. nomme trois exécuteurs littéraires (J. G. Bennett, Lord Pentland et René Zuber). Il embarque pour la France (février) sur le Queen Mary, accompagné de plusieurs disciples (dont Iovanna Lloyd Wright).
été
G. se rend en automobile à Vichy (juin) ; à Genève (juillet) pour y rencontrer Mme Stjoernval ; et finalement à Montignac (août), pour y voir les peintures rupestres de Lascaux. La radio italienne, donnant une critique positive des thèses de Gurdjieff, les compare au système éducatif de Montessori.
septembre
G. annonce qu'il s'embarquera pour New York le 20 octobre; il achète un château à La Grande Paroisse, censé devenir un nouveau centre de recherches.
octobre
Soumise à d'intenses pressions, la santé de G. décline. Après avoir chorégraphié son dernier Mouvement, le n° 39 (11), il s'effondre durant une classe de danse (14). Malgré les soins prodigués par Lise Tracol et différents médecins, son état reste incertain. Les épreuves de Belzébuth, qu'il reçoit le 21, apparaissent comme l'apothéose de son oeuvre-vie. Gravement malade, il supervise les "Toasts aux idiots" pour la dernière fois. Il est emmené en ambulance à l'hôpital américain de Neuilly (26), où le docteur Welch pratique une ponction abdominale. G. donne ses dernières instructions à Jeanne de Salzmann le 27, perd conscience le 28, et meurt le 29 vers 10 heures 30. Des services religieux se succèdent pendant plusieurs jours.
3 novembre
G. est enterré dans le lopin de terre familial à Fontainebleau-Avon. Sous la direction de Jeanne de Salzmann, plusieurs groupes continuent de pratiquer et de transmettre ses idées.

 

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